En France, le cancer du col de l’utérus touche encore chaque année près de 3 000 femmes et cause environ 1 100 décès. Pourtant, ce cancer est l’un des rares pour lesquels nous disposons d’outils de prévention et de détection d’une efficacité redoutable. Grâce à la campagne nationale de dépistage organisé, l’objectif est simple : éradiquer cette maladie en intervenant avant même que les cellules cancéreuses ne se développent.
Participer au dépistage, c’est agir pour sa santé et s’assurer une prise en charge précoce. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce dispositif essentiel.
Sommaire
1. Pourquoi une campagne nationale de dépistage ?
L’objectif principal du dépistage organisé est de réduire l’incidence et la mortalité liées à ce cancer. La campagne s’adresse à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, qu’elles soient vaccinées ou non contre les HPV (Papillomavirus humains).
Le cancer du col de l’utérus évolue lentement. Avant l’apparition d’une tumeur, des lésions précancéreuses se forment sur la muqueuse du col. Le dépistage permet de détecter ces anomalies très tôt. Si elles sont traitées à ce stade, le cancer ne se développera jamais. La campagne nationale vise à ce que chaque femme, quel que soit son lieu de résidence ou son niveau de revenus, ait accès à cet examen préventif.
2. Le fonctionnement du dépistage : Les deux types de tests

Selon votre âge, la stratégie de dépistage diffère, car la nature du risque évolue avec le temps.
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Entre 25 et 29 ans : Le dépistage repose sur l’examen cytologique (le frottis classique). On observe les cellules au microscope pour repérer d’éventuelles anomalies. Après deux tests normaux réalisés à un an d’intervalle, un contrôle tous les trois ans est préconisé.
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De 30 à 65 ans : Le test de référence est désormais le test HPV-HR (Haute Dose). Au lieu de chercher des cellules modifiées, on cherche directement la présence de l’ADN des virus HPV à haut risque. Ce test est plus performant pour cette tranche d’âge. S’il est négatif, le dépistage n’est renouvelé que tous les cinq ans. Pour plus de détails, suivez ce lien.
3. Le rôle crucial du Papillomavirus humain (HPV)
Il est aujourd’hui scientifiquement prouvé que la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus est causée par une infection persistante par certains types de Papillomavirus humains. Ces virus sont extrêmement fréquents et se transmettent lors des contacts sexuels, même sans pénétration.
Dans la majorité des cas, l’organisme élimine le virus naturellement. Cependant, chez certaines femmes, l’infection persiste et peut provoquer des modifications cellulaires. C’est pourquoi le test HPV est devenu la pierre angulaire de la campagne nationale : il permet d’identifier les femmes qui doivent faire l’objet d’une surveillance plus étroite.
4. Comment se déroule l’examen en pratique ?
L’examen de dépistage est simple, rapide et généralement indolore. Il est réalisé lors d’un suivi gynécologique habituel par un gynécologue, une sage-femme ou un médecin généraliste.
Le professionnel de santé utilise un spéculum pour visualiser le col de l’utérus et effectue un prélèvement de cellules à l’aide d’une petite brosse souple. Le prélèvement est ensuite envoyé à un laboratoire d’anatomocytopathologie pour analyse. Si vous recevez une invitation de l’Assurance Maladie, l’analyse du test est prise en charge à 100 % sans avance de frais, ce qui garantit l’équité d’accès aux soins.
5. Comprendre les résultats : Pas de panique !
Recevoir un résultat « anormal » ou un « test HPV positif » ne signifie pas que vous avez un cancer. Cela signifie simplement qu’une surveillance ou des examens complémentaires sont nécessaires.
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En cas de test HPV positif : Une cytologie (examen des cellules) est réalisée dans un second temps pour voir si le virus a commencé à provoquer des lésions.
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En cas d’anomalies confirmées : Une colposcopie (examen du col à la loupe) peut être pratiquée pour localiser précisément les lésions et décider d’un éventuel traitement par laser ou petite chirurgie (conisation).
Grâce à ce suivi rigoureux, on empêche la progression vers une maladie grave.
6. Vaccination et dépistage : Une protection double
Il est important de rappeler que la vaccination contre les HPV, recommandée pour les filles et les garçons dès 11 ans, protège contre les types de virus les plus dangereux. Cependant, le vaccin ne protège pas contre tous les types de HPV.
Par conséquent, même si vous avez été vaccinée, le suivi régulier par dépistage reste indispensable. La combinaison de la vaccination (prévention primaire) et du dépistage (prévention secondaire) est la stratégie la plus efficace pour voir, un jour, disparaître le cancer du col de l’utérus.
